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 The end...

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Lady
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MessageSujet: The end...   Jeu 5 Jan - 23:26

Lady a écrit:
Depuis la veille, Lady joue avec le ruban bleu fermant la missive qu'elle relit...
[rp]Bordeaux,
Le 4eme jour du mois de novembre de l'an de grâce 1458

A Lady de Surgères
Ma bien chère mère,


A chaque jour qui passe, je ne pus empêcher d'avoir une pensée couleur souci pour vous, ma mère, de vous avoir vu en si grand état de faiblesse avant mon départ: je sais vous m'avez juré de me faire appeler séant si quoique ce soit vous arrivait mais je ne puis m'en empêcher. La mort d'Elra m'a rendue à la conscience de cette essence fragile qui anime notre flamme et que le froid peut souffler un soir sans crier gare...

Me voici arrivée en la ville de Bordeaux en compagnie de nostre armée. Le chemin ne fut pas tant long qu'il fut monotone et bien loin de m'éloigner des pensées destinées à Haverock, tout était comme s'il chevauchait à mes côtés.

Croyez vous que ma peine passera ou que ce chagrin qui m'étreint m'engloutira tout entière ? Je n'ose y songer; J'ai jeté mes forces dans cette bataille et j'ai grand hâte d'affronter des ennemis de chaires et d'os plutôt que mes chimères intérieures.

Qu'Aristote vous tienne en sa Saincte Garde,ma mère,

Oane de Surgeres.[/rp]

Le cœur serré de la détresse avouée de sa fille, elle lui répond...

[rp]
Poitiers, le 5e jour de Novembre 1458

Mon Enfant,

A chaque lecture, tes mots me griffent le cœur. Pour plusieurs raisons.
J'ai l'impression qu'hier encore tu étais mon bébé et j'ai du mal à te voir comme la belle jeune femme que tu es devenue. Mais tu as encore la vision de la mort par les yeux de la jeunesse. Plus que tout au monde, je voudrais te préserver de toutes les souffrance que nous pouvons croiser le long de notre vie. Mais il y en a que je ne pourrais t'épargner...
Tu viens d'en faire encore l'expérience, la mort frappe parfois cruellement nous laissant désarmé. Mais la mort est aussi une chose nécessaire et inévitable. Je te rassure ma fille sur mon état de santé, la fatigue n'a jamais tué personne à ma connaissance, quelque soit l'âge. Et il est bien évident que ma promesse sera tenue, s'il m'arrivait quoi que ce soit que tu serais la première prévenue. Ceci dit, il arrivera un jour où ce sera mon tour, même si j'espère que ce jour ne soit pas pour bientôt! Chaque jour que Dieu fait nous rapproche pourtant de ce jour, qui que nous soyons, et le nombre de jour que j'ai vu poindre et s'éteindre est déjà bien grand... Je ne redoute pas ce jour mon Oane car la mort de marque pas une fin mais une transition. J'espère avoir mérité de gagner le Soleil. Je sais que tu le redoutes par le vide physique qui sera alors laissé dans ta vie, mais ce ne sera qu'un long "au revoir", si Aristote le veut. Ceci-dit, ce jour n'étant j'espère pas si proche que cela, je t'en prie ma fille, lave ton cœur de ces craintes pour les nombreux jours et années qu'il nous reste à vivre encore ensemble! L'angoisse est un poison qui peut rapidement nous voler les moments de joies que le Très Haut nous envoie.
Ce que tu me décris Oane me rappelle ma jeunesse et la perte de mon défunt mari. Non ton chagrin ne t'engloutira pas comme ma détresse ne m'a pas engloutie à l'époque. Mais il est vrai que l'on ne s'en remet jamais vraiment... Le temps qui passe sublime les souvenirs, les dorant ou les estompant selon d'inconscientes envies, et les larmes de ton coeur se change en perles d'amour dans un écrin de poussière. On les chérit, on les garde précieusement, et on en ajoute de nouvelle à chaque étape de la vie qui continue. Je n'ai pas de solution immédiate ma fille, le temps seul peut être baume au coeur qui en a bien besoin pour cicatriser. Ne t'abandonne pas à ta peine, ne cherche pas non plus à la renier ou à l'étouffer au risque que cela se retourne contre toi. Accepte-là comme une nouvelle compagne qui finira bien par suivre son propre chemin. Puisse Aristote lui éclairer un chemin différent du tiens.
Je t'explique cela car moi aussi j'avais fuit mes sentiments. Guerroyer ne te permettra pas de te cacher de ce qui est tapi en toi. Pourfendre d'autres êtres, même aveuglée par d'autres émotions peut ne t'apporter que peines et cauchemars supplémentaire au lieu d'une certaine sérénité...
Je te souhaite Ma Fille de parvenir à tes fins, quelles qu'elles soient, sans avoir à rajouter de perles à ton coeur. Ta beauté intérieure n'a guère besoin d'ornement!

Je t'aime Ma Chère Fille, et le fait que ces mots ne soient guère échangés au sein de notre famille ne les rendent que plus vrais, forts et précieux.

Puisse la Sainte Lanterne illuminer ton chemin pour t'épargner toue embuche.
Puisse Sa Sainte Lumière t'illuminer et te réchauffer le cœur et l'âme.

Ta Mère,
Lady d'Elric de Surgère.
[/rp]

La Comtesse sable légèrement sa missive avant de l'enrouler. Lissant une dernière fois le ruban bleu, elle finit par le nouer autour du rouleau, y adjoignant une fleur d'angélique séchée des Marais de Luçon... Loin de chez soi, aucune attention n'est jamais de trop.
Se levant enfin de son fauteuil, Lady part elle-même porter son plis au messager de la veille... Oane l'aura... par retour de courrier^^

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Lady d'Elric, maîtresse de céans...
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MessageSujet: Re: The end...   Jeu 5 Jan - 23:30

Lady a écrit:
Alors que la Comtesse était déjà "enrolée" dans l'armée prête à lever le camp d'un jour à l'autre depuis des jours, les miasmes du mal insidieux dont se relevait à peine sa fille l'avaient rattrapée, l’alitant à Poitiers au lieu de suivre les troupes.

Heureusement, la crise de vacancite estivale fut moins aigüe que supposée: aux dires des médicastres, sûrement grâce la force que donne l'habitude de la confrontation saisonnière, avec l'âge... Cependant, si elle la durée de la crise s'en fut trouvée raccourcie, les conséquences sur la santé d'une vieille femme n'en restent pas moindre... Surtout quand l’infâme tisane de poireau avalée pour la énième fois se répand sur le sol à l'annonce du massacre des compagnons qu'elle aurait dû avoir.

Faisant fi de toute prudence, elle décide de se rendre sur le champs à Thouars, faisant préparer un sac minimaliste pour l'occasion.

Elle s’apprêtait à partir quand une missive la détourne de ses projets lui demandant "d'escorter le Comte Jake".
Dans la précipitation, allez savoir pourquoi, la Comtesse était convaincue qu'il s'y rendait aussi...

Elle avait fait la route sans lever la tête des oreilles de sa monture, suivant religieusement la précédente dans l'obscurité nocturne et s'était retrouvée déstabilisée par les 4 courriers reçus au petit jour.
En vérité, surtout par celui de Fayom.
Comment peut-on s'annoncer à la fois content et déçu? De quelles "raisons qui ne l'étonnaient plus" parlait-il?
Les moultes courriers et échanges directs n'ont peu avoir raison du désarrois de la comtesse, y compris une fois les pièces du puzzle à peu près en place. Encore un épisode douloureux, l'érosion se fait de plus en plus dure.

Surtout, que Fayom n'est pas le seul interlocuteur et que sa fille est souvent mentionnée... Jusqu'au moment, où interdite, elle entend le Comte Jake lui formuler des excuses quant à l'état de santé d'Oane.
Oh Seigneur!
Son enfant, la chair de sa chair inconsciente sur un champ de bataille, meurtrie au point de ne se réveiller des jours durant... et personne n'osant la prévenir.
Oh Seigneur, elle savait que c'était à Thouars qu'elle devait se rendre.

Le retour est rapide, on lui demande si elle désire escorter le groupe jusqu'à Thouars. C'est là qu'elle va de toute façon, sans délais. Évidement.
Ravitailler les armés, les blessés, oui-oui tous ceux qu'ils veulent mais qu'on y aille tout de suite. Oane...
Lady ne peut dormir. L'étape pictave du voyage s'en trouve naturellement faite au BG où Merveille et Saga finissent de lui donner des nouvelles. Sarmite n'est plus à Thouars comme elle pensait et finit par débarquer... désarmant. Mais que s'est il passé en réalité?

Lady ère dans les rues de Thouars avant même les premières lueurs de l'aube... Plus que tout, elle désire retrouver sa fille sauve. Avant tout.

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MessageSujet: Re: The end...   Jeu 5 Jan - 23:31

Lady a écrit:
La Lady cognant à l'huis de la demeure où reposait sa fille n'avait plus rien d'une comtesse. Tant Jehanne que Grandelina avaient marqué un temps d'arrêt avant de la remettre.
Ayant balbutié ce qu'elle désirait, Lady s'était laissé prendre en charge, ballotée par les 2 commères qui babillaient avec le même accent que le vieux Père Cagouillot de Luçon... C'est presque ouspillée qu'elle s'était retrouvée assise dans le fauteuil au chevet de sa fille endormie pour la nuit, le visage encore bien trop marqué.
Elle avait laissé son regard errer sur les cheveux ébènes s’échappant des linges blancs, sur la peau d'ordinaire albâtre aujourd'hui marbrée. Elle a cherché le griotte de ses lèvres en vain. Mais sous les paupières closes, elle sait que se trouvent les nuances d'océan qui réapparaîtrons avec l'aurore.

L'aurore. L'océan.
L'esprit de Lady dérive jusqu'à ses terres de bout du monde. La pointe nord d'Oléron, fouettée par les vents. Les tamaris sculptés, torturés par l'haleine de l'océan. L'odeur des embruns. Le ronronnement apaisant de la mer. Le fin ourlet blanc de la marée montante remplissant l'écluse à poisson. L'odeur de l'estran découvert. Un léger tintement de cloche frissonne dans le vent salé: est un timonier signalant la position de son navire ou bien un pauvre baudet naufrageur ripant sur les rochers englués d'algues...
Là bas, c'est sûr, l'océan bouillonnant cascade sans fin, nul vaisseau ne s'y aventurera jamais mais en face de la côte sauvage une bande noire se découpe au delà de la mer dansante. Ré. Ré puis La Rochelle à l'est. En longeant encore l'horizon, se penchant au dessus de la petite falaise calcaire marin dominant la grève, on devine l'île d'Aix.
Malgré l'aurore, une flammèche semble danser aux dessus des eaux reliant ces terres au monde. Le Pertuis d'Antioche est un véritable enfer navigable, les écueils parsemant cette route commerciale charentaise servant de tombes à d’innombrables cadavres de navires, déchirant le ventre des navires audacieux ou imprudents. Le faible signal est bien sporadique... trop d'encablures de mer dangereuse pour oser l'allumer et l'entretenir. Et puis, avouons que le butin pillé des épaves soulage bien la misère locale. Quitte à parfois aider le "mauvais sort" en dupant les timoniers, barreurs ou capitaines, d'une lueur ou d'un autre son de cloche à la faveur d'une marée.
Le chemin est prometteur mais les déchirants écueils affleurent parfois, tels des points noirs dansants aux rythmes des vagues et marées. Visibles, invisibles, meurtriers.
De toutes ses forces, la clé tiédie d'avoir logé si longtemps dans sa paume est jetée dans les flots.
La marée monte. On ne devine plus l'écluse à poissons.
Le soleil monte. L'aurore fuit, le jour est là. Il entre à flot à travers les rideaux...

Oane...

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MessageSujet: Re: The end...   Jeu 5 Jan - 23:32

Oane a écrit:
[Les errements de la belle au bois dormant]

Oane se la joue belle au bois dormant.
Depuis combien de jours, depuis combien de nuit, est-elle partie ? Au moins le sait-elle ? Coquille vide échouée sur un banc de sable...
Visage d’albâtre encadré par ses longues boucles noires étalées telle des algues échouées sur l'oreiller blanc. Son coeur bât, parfois sa peau frémit, ultimes frissons, gémissements, parfois meme elle halète comme si elle courrait à perdre haleine. Des rigoles dégringolent sur ses traits creusés par d'infimes sillons.
Elle est là sur cet édredon de plume immaculés et ailleurs, en un lieu irréel, au delà du réel, au delà d'elle même. Elle se regarde parfois sans se reconnaître, sans comprendre qui git là, dans ce lit à baldaquin.
Elle part.
Visiteuse fugace, intangible, impalpable.
Déjà elle est loin , elle s'est égarée.
Mille fois.
Mille fois, elle est revenue, retenue par un fil invisible,
un cordon de soie,
un corps don de soi.
Une voix grave qui l'appelle.
Elle repart.
Elle a une bataille à gagner.
Contre qui elle ne sait plus.
Quelle importance ?

Long ruban noir et sinueux qui sous les pieds de la silhouette éthérée défile, s'étire... Point de passeur en cet étrange rivière sourde et profonde, Oane s'étend plus qu'elle ne marche pour avancer, son être tout entier s'étire, perdant de sa substance un peu plus à chaque pas vers cet improbable ailleurs et avec elle ce fil ténu qui la relie à cet Autre, cet Antre, ce refuge d'albâtre, ce corps de chair et d'os.

Elle avance, elle cherche quelque chose à travers ce monde de brumes, ce marécage de souvenirs. Des scènes surgissent, fugaces images chargées d'émotions
ROUGE Des cris, des violences, le cliquetis des armées et du sang, partout, partout. Le bruit d'un crane qui s'écrase, un gorge qui s'ouvre et le sang qui gicle. Éclaboussures vermeilles, la silhouette d'Oame se teinte de rouge.
Elle ferme les yeux et avance.
BLANC Un rire en grelot, elle a cinq ans et joue avec son hermine, Luluche de son petit nom, espiègle en diable, cachée sous la table de l'auberge aux étoiles, un bout de pain chapardé sous sa jupe blanche à volants. Sa mère la cherche, Jake aubergiste et savant lui indique où elle est, il se baisse et leur regard se croise. Oame s'attarde sur cette image, sa mère qui la sert dans ses bras puis la sermonne sur la façon de se tenir pour une future comtesse. La mini comtesse ... sourire diaphane. Elle secoue la tête, elle cherche quelque chose de précis mais quoi ?
Elle ne le sait pas. mais se dit-elle lorsqu'elle le trouvera, elle saura.

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MessageSujet: Re: The end...   Jeu 5 Jan - 23:33

Oane a écrit:
[L'arc en ciel des souvenirs]

Elle déambule funambule céleste, sur le fil sombre de cette rivière sans fin ou dérive quelque cadavre étincelant das la barque des Morts.

JAUNE. Là bas sur la terre une main chaude, dure, vivante, poignante, se pose sur sa main froide aux longs doigts tachés d'encre ou se lit sous les ongles la bataille. Une boule de chaleur se forme en sa paume puis remonte avec douceur le long de son bras et poursuit son chemin le long du fil ténu qui la relie à son autre elle même, remonte vers elle puis la surprend lors que son orteil baigne dans le Styx. Elle s'arrête, vacille et recule. Cette sensation agréable de chaleur se répand en elle et sa silhouette reprend corps peu à peu. Elle se remplie de nouvelles images. Elle a 5 ans elle a 15 ans à peine et il est là en ces deux temps qui se mêle et il la prend dans ses bras, ilot de droiture érigée en forteresse, homme droit comme un I sur qui l'on peut compter. Il l'a sauvé jadis, elle l'a aimé dès la première fois. Oâme sourit et voit surgir cette touffeur blonde comme les blés et le furet, fidèle ami de Luluche l'hermine. Barbe blonde ou il fait bon se frotter. Du moins le croyait elle. Il l'a sauvé et il l'a tuée. Première brisure. Immense chagrin. Il s'est trouvé une blonde à sa mesure, non pas blonde mais soûleuse, chanteuse. Lors même qu'elle n'est qu'une jeune femme écrasée sous le poids de son Nom, immense comme une cathédrale et pis, sous le poids de son devoir, sa mission : accomplir le destin de son Pays. Jeune femme au visage grave, il se tient loin et restera de l'autre coté de la barrière, passera a coté sans ouvrir les yeux et elle acceptera résolument son sort solitaire.

NOIR Oâme avance, égraine les années perdues esseulée. Elle erre, note ce temps trop immobile et se souvient du vent sur son visage, de la vitesse, de ce sentiment d'ivresse et de liberté, de ces courses folles dans les bois de Luçon où lors de la course pictave, ou tout bascula. Eole, fringant frison à la robe noir comme la une nuit sans lune avait finit par mordre cette croupe encombrante et chenapan sur laquelle trônait la rousse mère veilleuse. Oui dès lors, il y a eut cet Autre. Haverock. Grand homme en Noir qui garda ses distances et la taillada d'un baiser avant de mourir. L'abandonner encore à elle même lui laissant son scel mais sans sel. Perdu les sourire dans les draps de soie noirs. Et délaissant Nolaan, leur protégé, son petit frère d'âme. Toujours en habit noir. période de vive lumière qui ne laissa que des ombres sur la Toile en pointillé.

Elle se perd, ne comprend pas ne comprend plus, que cherche-t-elle ? Pourquoi le cherche t-elle ? Tout cela n'est-il point vain ? Pourquoi ne pas tout simplement entrer dans les eaux sombres de ce fleuve sans âme, sans fond et se laisser bercer enfin par les flux sans résister ? Se laisser absorber tout à fait... déjà la silhouette s'efface ... ombre parmi les ombres.
La voix forte reconnaissable entre toute la sort de sa torpeur, sévère. Mais si al voix est parfois dure, le regard soutient, porte vers les cieuxn amène les rêves en haut des flèches des cathédrales les plus hautes, porte l'horizon dans des pays lointain. Avec moe a la victoere ! Tu as un destin à accomplir, ma fille. N'oublie pas poitevin devant jamais, ne se rend, même au firmament !

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MessageSujet: Re: The end...   Jeu 5 Jan - 23:33

Oane a écrit:
[Mortelle méprise, vitale reprise]

ROSE. Trois pas sur le coté, Oâme s'éloigne de ces berges de l'Enfer. Une fleur a éclot à ses pieds. Frêle tige ornée d'un bourgeon qui ne demande qu'à éclore mais icelieu le temps est figé et pourtant ; la rose défie ce monde en noir de sa minuscule tache de rose, carmin, presque rouge tellement il est soutenu. Elle est apparue là soudainement. Oâme jurerait qu'elle n'était point là quelques souvenirs plus tôt. Inattendue comme la rose du premier de l'An. Datan qui perce neige. Casse les glaces. Et la voila qui éclaire ce monde de brumes, comme une réponse à cet hymne poitevin. Oâme se gonfle, se renforce, se barde des épines de la fleur, son coeur au chaud entre les pétales au parfum entêté, fidèle à lui même, rassurant par sa ténacité, sa constance au delà des mondes, pont entre des univers qui peuvent paraître antagoniste mais qui peuvent se vivre dans la complémentarité, si seulement les hommes .... était comme cet homme, si seulement les hommes étaient comme un seul homme, si seulement si..

CERISE. Dérive en rive, vire et volte, caracole soudain glisse sur la luge si vite si vite que le paysage d'aube lunaire défile, file, s’effiloche, c'est croche. Il aurait dit cela le chum. Le gars de là bas, de ce pays lointain, plein de neige, de blizzards bizarres où les gens roule les "r" et portent des sabots de bois, des froques de cuir avec des bretelles. Il la fait rire avec son drôle d'accent et ses manies, sa maman protectrice et reine des quiches. Est-ce pour cela qu'elle aura tenter de l'embrocher, parce qu'il l'aura fait rire et qu'il est bien le premier ? Le lacérer un brin pour le déshabiller un rien puis l'abandonner à la horde sauvage des pucelles enfiévrées de Poitiers pensant le marier à la blousse pour ne plus avoir la frousse ? Chez les Surgères, on ne rit pas, monsieur. On ne rit pas chez ces gens là, monsieur. Quoique à bien y réfléchir, Lady rit beaucoup, boit beaucoup, sisi aussi, et aime. Pas le bon, le truand, Marmite. Oâme lève ses yeux océan délavé aux ciel sombre qui n'en finit pas de se lever. O et BB en ont partagés .. des noyaux de cerises, des nuits de travail, des cuites, des palabres endiablées, des conseils, avisés ou non, des lettres guindées, des "sire" et des "comtesse", des brouilles, des arsouilles, des fripouilles à arrêter, assommer, ligoter, juger, décapiter ou mettre au fer, des coups d'épées, des parts de quiche et de cet alcool si fort qui vous met les tripes à l'air et les idées en place. Il lui semble goûter une lampée de cette eau de vie cuvée spécial comtesse O. Oâme se sent plus lourde tout à coup, ca fait toujours cela cet élixir, elle pèse dans ce monde, ses pieds touchent terre, dommage il va falloir marcher à présent. De minuscules points attirent son attention dessinant, elle le perçoit, le devine, le sait à coup sur, un chemin. Des noyaux de cerise. Non pas des cerises entières, non des noyaux à demi grignotés, comme une dernière boutade de ce bout en train en sabot. Elle se laisse aller à suivre le lent mouvement sinueux de ces restes ou plutôt de ces graines.. Bientôt même les rives du Styx seront cernées de cerisiers, c'est là un tour de ce lutin coquin taquin. Songeant à ce Petit Poucet lorrain, Oâme rit à gorge déployée et s'envole, tourbillonne, vire et volte..

Dans ce monde de ténèbres, le soleil se lève enfin.
Rouge rouge rouge sans trêve ni repos.

ROUGE.
Elle perce un nuage rose et le monde se déchire tout à coup.
La nuit menace de tomber. Le soleil darde ses derniers rayons à ras de terre et les éblouie de ses tons couleurs de flammes, rouge, orange. Brasier céleste où leur âmes se prendront dans des nasses. L'armée en marche traverse un bois aux feuilles rouilles et or et va établir le campement avant la nuit. Ordre donnée par le commandant Ducho. Oane sourit, fière de ce se trouver à la droite de ce guerrier intrépide, cet homme d'hosneur qui était lui même à la droite de son Infinie Grandeur de Père lors de la guerre d'Anjou et à ses côtés en d'autres occasions moins glorieuses mais qui marquent. Comme le destin est taquin, ils se trouvent précisément dans un bois à quelques encablures de la plaine qui servit de champs de bataille jadis et qui vit la "victoere" de son célèbre paternel, Son Infinie Grandeur Faoeeit de Surgères. Des ombres dans la plaine, un Cri. Alarme. Le choc des armes, des bruits du combat. L'Ennemi est là. Déjà ? Par quel trucherie infernal ? La bataille a commencé par surprise. Branle-bas de combat, Ducho lance ses ordres, "Ducho must go on", surprise en cette fin de journée, s'organise rapidement, se positionne et la moisson peut commencer.
Dans la fureur de la bataille, Oâme voit son double Oane se battre comme une diablesse, fauchant allègrement sur son passage des vies àà la pointe de son épée fine et légère. Dos à dos avec le commandant Ducho, ils se battront des heures durant.
Rouge Rouge Rouge sans trêve ni repos.
Rouge sang.
Boue gluante dans la plaine transformée en marécage nauséabond.
Les armes se font lourdes dans les mains, la sueur ruisselle le long des crânes, palque les cheveux sous les heaumes et court sous les armures;
Les coups pleuvent.
Rencontre fracassante fracassante
Les blessures s'accumulent, rayures de cette imparfaite protection de plaque et de chair. Bientôt le fluide vitale s'écoule puis se tarit ;
encore et encore.
C'est que le début d'accord d'accord.
Dans la mêlée, dur de dire qui est qui. Juste plisser les yeux pour distinguer le sombres e contre jour.
Pour survivre.
Le soleil s'est couché ne laissant derrière lui qu'une traînée rouge sang à l'aune de son reflet sur la Terre.
Rouge sangs mêlés.

Oâme observe et se souvient.

Oane fait face à un solide gaillard de trois tètes plus haut et deux fois large comme elle ; elle halète, la fatigue ayant installé son siège sur chacun de ses muscles endoloris. Une douleur aiguë déjà lui vrille la hanche droite.
Oâme observe, la mémoire lui revient enfin, c'est cela qu'elle cherchait depuis tout ce temps à travers les galeries de son esprit.
Ce moment là, oui : Elle est tombée sur le champs de bataille, oui, elle est tombée mais ce qui l'a retenue icelieu ce n'est point cela non, c'est le visage.
Celui de l'Assaillant, celui qui a brisé son Epée dans une attaque massive et percé son armure la mettant à terre avant de l'achever. Au dernier moment, un nuage a passé et un rayon de lune a dévoilé le visage de l'Ennemi et Oane l'a reconnu.
Öâme le reconnait.
Smurf.
Allié.
Pas un ennemi.
Au lieu d'esquiver, de regrouper ses forces pour éviter le coup fatal, elle s'est tournée vers Ducho, le fier commandant trop occupé à parer l'attaque de deux adversaires pour la voir et a ouvert sa bouche cerise sur un mot. Lequel ? Saura-t-on jamais ? Dans le fracas de la bataille, nul son n'a réussi à s'extraire de cette mélasse. Son vieil allié a du la reconnaître aussi car la lame est tombée à un cheveu de sa tête. Or il vise bien le bougre. Une boucle brune est restée coincée sous la lame. Une boucle tranchée, une vie épargnée. Tout s'est joué à un cheveu. Une boucle. La boucle de vie d'Oane.

Une boucle du temps.
De rouge sang à rouge sang, de rouge mort à rouge vie.
Oâme & Oane ne font plus qu'Une.
A nouveau.
Tandem.
Et Oane a décidé de rattraper le Temps Perdu, de rouler le temps à sa façon.

Dans le grand lit à baldaquin, sur l'oreiller blanc l'on peut voir qu'il manque une boucle dans cette coiffe de cheveux magnifiques, lourdes boucles d'un noir de jais. Bien sur, ce n'est pas ce qui attire l'attention de prime abord vu le nombre de coups, blessures, bleus et pansements.
La belle au bois s'est éveillée.
Un peu cabossée.
Dans son élan, elle attrape et sert la main qui gisait sur la sienne. La boule de chaleur. Ducho. Elle le reconnaîtrait entre tous et puis elle l'a entendue. Un instant, sa vision se brouille , l'image de Ducho affalé sur son lit se confond avec le visage mal rasé gratigné et pouasseux de sang de Ducho au dessus d'elle, la prenant dans ses bras e, la portant, l'emmenant loin du champs de bataille, tel un sac de foin sur son épaule puis en travers d'Eole. Enfin le noir. Puis le réveil. Icelieu et ce jour d'hui.

De sa voix rendue rauque par la longue soif, elle dit de sa voix haute et claire


Vous savez quoi Ducho ........... ce qui me fait enrager, c'est pas la bévue .... Non, c'est de ne pas l'avoir vaincu. J'ai toujours rêvé de lui mettre une raclée à nostre vieil allié artésien. Et là il m'a battue et ca ....

De l'eau. Vous pouvez me ....


Elle tendit bouche et yeux papillonnant vers Lui, le rempart solide, le coeur fidèle en mal de cuisinière. Un verre de'au plus loin et les yeux oceans ouverts sur le monde. Enfi sur la chambre bleue celle de Surgères. Se souvenant de leur tente à deux.

Dites ... vous y avez pris gout à partager nos couches que vous dormez à moitié sur mon lit ?

Elle sourit espiègle, ce qui lui arracha une grimace tant la douleur se rappela vivement à elle.

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MessageSujet: Re: The end...   Jeu 5 Jan - 23:35

Oane a écrit:
[Appartement bleu, tard le soir]


La pièce est plongée dans les lueurs vacillantes de la flamme de la bougie. Oane entre et dépose le livre qu’elle vient de lire à sa mère alitée depuis des semaines déjà. Elle s'assoit face à l'âtre son vieux fauteuil ou traîne toujours son châle. Dire qu'il y a quelques semaines, c'est sa mère qui la veillait. Elle, blessée au combat, s'était remise et sa mère s’était elle consumée telle une bougie dont la cire s’écoule lentement et refroidit. La vie semblait la quitter jour après jour. Oane ferma ses océans un instant, le coeur à marée basse. A Noel dernier, elle avait perdu son Infinie Grandeur de Pere ... Elle frissonna. La proximité de la mort lui intimait de profiter de chaque jour comme si demain serait le dernier. Mais malgré cette résolution qu'elle avait prise après avoir frôlé la mort, elle ne savait comment faire. Elle aurait aimé être insouciante, gaie enthousiaste, ressembler à Gandrelina quoique non faut pas exagérer ! Elle un petit coté vulgaire et "saute sur tout ce qui bouge" qui déplaît à la futur diaconesse. Oane esquisse un sourire cerise puis reste silencieuse un moment en regardant les flammes danser. Sa mère l'avait encouragé en ce sens " amuse toi ma fille" mais voila "allo maman bobo comment tu m'as faut chui pas drôle ?" Dans la famille De Surgères, on ne livrait pas le bébé avec le mode d'emploi " vivre heureux" ou "aimer d'amour". C'était plutôt livré avec le kit " survie en environnement hostile" et "comment j'ai dirigé le monde" par SIG Fao. Non, pour le bonheur fallait improviser et prier. Oane resta longtemps assise devant le feu puis une bûche s’effondra dans un bruit de pétarade. La jeune femme se leva et allât à sa table de travail finement ouvragée. Elle s'assit et déboucha l'encrier, elle y trempa sa plume. et gratta le parchemin dans un silence troublé uniquement par le gazouillis habituel du feu.

[rp]Ne te réveille poinct Ô troublant veilleur
Sis sur ce rempart de soie l’encre pressent
La chevelure étale sous les reflets d’argent
Lors désormais ma plume perle de sueur

Je l’ai fui : j’ai bien trop peur de ses frasques
Tout nu main, tout nu cœur, sans masque
Je m’avance petit bout de femme, complexe
En essayant d’éviter sept ans de malheur, réflexe

Et si je passais ainsi toute ma vie à côté du bonheur ?
Car à lire sa prose, j’ai sur le visage mes airs rêveurs
Alanguie là, je dessine le monde, la tête dans une main
Puis, j’étouffe en moi ces rêves que je sais de tous temps vains

Et pourtant …

J’ai mis de côté des paroles
Dans un coin du vent
Quelques jolies paraboles
pour dire tous ses talents

J’ai mis de côté des silences
Dans un coin du ciel
Pour que d’un regard miel
Naisse une belle romance

J’ai mis de côté des parfums
Dans un coin de moi
Pour que sous son nez mutin
frémisse ma peau de soie

J’ai mis de côté des larmes
Dans un coin de mon cœur
A être ensemble mon âme
Crie s’il souffre et pleure

Puis je me réveille et tremble
Chacun de ses mots me réjouie
Et je nous imagine ensemble
Un instant seulement
Mais mon cœur déjà a tressailli

Puis je me souviens.
Face à cette terrible indifférence
J’ai vacillée, perdu pied et j’ai crié …
Dans une si cruelle désespérance
Je ne veux à nouveau sombrer
[/rp]

Oane a froid. Elle ressert les pans de son châle puis le pose et se glisse sous l’édredon. Elle va aller rejoindre Morphée pour un sommeil troublé.

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MessageSujet: Re: The end...   Jeu 5 Jan - 23:36

Oane a écrit:
[Surgères, soir de l’avant, après le bal]

A l’heure où le carrosse aux armoiries de la maisonnée de Surgères aurait du s’arrêter dans la cour de l’Ostel et le coche en descendre pour aller ouvrir à ces dames, seul le silence se faisait entendre dans cette nuit d’hiver étoilée. Blanche, la vieille cuisinière guettait de temps à autre à la porte avec le Grand Pierre. « Ma soeur Blanche, ne vois-tu rien venir ? » « Je ne vois rien. Que la lune qui poudroie et la neige qui blanchoit. » ou du moins cela ressemblait-il à cela mais version "bargouin".

Puis, soudain, alors que les deux vieux domestiques sis sur leur banc dans la tiédeur de l’âtre et la douceur d’un fumet de tisane aux herbes s’assoupissent... trois ombres en forme de brioche meringuée se profilent aux abords de la demeure dans la poudre blanche sans bruit. A se glisser ainsi tel des fantômes, les trois femmes auraient pu passer inaperçues mais voila... Tout à coup c’est une avalanche qui s’abat sur elles. Dame Jehanne s’écrit :


« Ah les chiens galeux ! »

Tandis que Gandrélina se met à courir dans toutes les directions n’arivant pas à déterminer la source de leur désagrément tout en vociférant des sons incompréhensibles tel "bachibouszouk" ou "hijodelaluna": les trois femmes ont reçu des boules de neige. Le regard océan scrute les taillis et maisonnette soupoudrée puis ajoute à l’adresse des deux femmes

Je parierai que c’est le mesme que tous les autres jours.
C’est à accroire que ce chenapan nous guette. Chaque matin et maintenant ... ce soir à plus de minuit passé ! Il doit dormir non loin ce n'est point possible autrement. étrange.. Un vagabond ?


Oh vous croyez qu’il n’y en a qu’un ? On aurait bien dit qu’il était au moins trois !

Et bien disons que l’autre jour, j’ai entraperçu la silhouette de nostre esprit frappeur : il n’était pas plus haut que trois pommes et m‘avait tout l’air d’afficher un sourire innocent.


Innoncenté ? ! Vos n’y pensez pas c’est dou harcèlement ! Oun ... guerrilla dé tranchée ! d"ja qué cet soir c'était la terrible nuit avec cet carosse qui a versé dans un chariot dé citrouille ah mé jé vous jure ! ceti pas notre nuitée !

- Si j’attrape le ou les coupables croyez moi qu’il receveront un juste châtiment

Oane sourit et plisse les yeux ayant renoncer à chercher dans les coins et recoins un mouvement suspect qui lui révélerait la cachette du gamin.

Allons mes dames, il ne s’agit que de quelques boules de neige ; et il ne faut pas tout mélanger : si le carrosse ressemble désormais a une citrouille géante, il n'y est pour rien lui. Notre coché soûle en revanche si. Alors si vous attrapez l’auteurs de cette farce, vous me l’amènerez sans lui faire aucun mal.

Sitôt dit la comtesse avança d’un pas décidé sur le chemin et entra dans la cour. Blanche sursauta et vient ouvrir la porte massive ; les trois femmes pénétrèrent dans la demeure silencieuse.

Merci Blanche. Dites moi comment va t elle ?

Elle a mangé un peu de soupe enfin si peu...

Oane sentit le froid létal d'un poignard dans sa poitrine. Le bal avait été un court intermède où elle avait pu oublier un instant que sa mère était alitée et ce depuis des semaines. Une petite voix lui soufflait sa culpabilité à la figure mais elle la fit taire. Dès le seuil franchit, le fardeau de sa tristesse était retombée sur ses épaules. Elle avait baissé le regard perdu dans ses pensées puis, elle releva le menton et grimpa l’escalier quatre à quatre en abandonnant les femmes en bas. Lady était certes malade depuis longtemps mais ce n’était pas vraiment cela qui la rongeait, non. son mal était d’une autre nature. Le mal d’amour à mort... Son bien aimé était mort au champs de bataille et elle y avait été blessée. Oane avait l’impression que pour la première fois sa mère ne se battait plus pour vivre. Oane aurait voulu lui jeter ce fil, cette ancre qui lui manquait tant.. Une idée déroula sa pelote : des petits enfants ? C’était là une des choses auxquels Oane avait échoué. Sa mère n’était toujours pas grand mère à son grand désespoir. Oane releva ses océans et poussa la porte sur l'obscurité de la chambre maternelle. Elle plissa le nez tant l'odeur était âcre. Pour une fois depuis des années, Oane avait accepté de ne pas porter la couleur du deuil d'Elra, de son père ... et portait une robe de couleur... lilas et or, elle en eut presque honte en entrant dans la chambre où sa mère gisait endormie et mal en point. Elle alluma une des torches de coté puis s’assit sur le rebord du lit et contempla le visage de sa mère. Malgré l’âge, malgré les tourments, elle ressemblait toujours à un ange. Oane lui prit la main puis dit de sa voix haute et claire :

Doulce mère ?
Doulce mère, réveillez vous !
Ah si vous saviez ma mère !

Je ne sais plus du tout en j'en suis ! Voyez comme mon coeur bat la chamade ! N'est ce poinct étrange que cela ? Ce fut une folle nuit ma mère une folle nuit vous dis je !
J’accrois que j'ai perdu la teste à moins.. que ce ne soit la raison ...


Oane lui décocha son sourire cerise, celui la même qu'elle avait enfant devant un énorme cerisier où grimper et cueillir le fameux fruit défendu, celui qui tache les robes blanches en dentelle des comtesses quelque soit leur age d'ailleurs mais qui est si bon si bon...

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MessageSujet: Re: The end...   Jeu 5 Jan - 23:36

Oane a écrit:
[Surgères, soir de l’avant, après le bal]

A l’heure où le carrosse aux armoiries de la maisonnée de Surgères aurait du s’arrêter dans la cour de l’Ostel et le coche en descendre pour aller ouvrir à ces dames, seul le silence se faisait entendre dans cette nuit d’hiver étoilée. Blanche, la vieille cuisinière guettait de temps à autre à la porte avec le Grand Pierre. « Ma soeur Blanche, ne vois-tu rien venir ? » « Je ne vois rien. Que la lune qui poudroie et la neige qui blanchoit. » ou du moins cela ressemblait-il à cela mais version "bargouin".

Puis, soudain, alors que les deux vieux domestiques sis sur leur banc dans la tiédeur de l’âtre et la douceur d’un fumet de tisane aux herbes s’assoupissent... trois ombres en forme de brioche meringuée se profilent aux abords de la demeure dans la poudre blanche sans bruit. A se glisser ainsi tel des fantômes, les trois femmes auraient pu passer inaperçues mais voila... Tout à coup c’est une avalanche qui s’abat sur elles. Dame Jehanne s’écrit :


« Ah les chiens galeux ! »

Tandis que Gandrélina se met à courir dans toutes les directions n’arivant pas à déterminer la source de leur désagrément tout en vociférant des sons incompréhensibles tel "bachibouszouk" ou "hijodelaluna": les trois femmes ont reçu des boules de neige. Le regard océan scrute les taillis et maisonnette soupoudrée puis ajoute à l’adresse des deux femmes

Je parierai que c’est le mesme que tous les autres jours.
C’est à accroire que ce chenapan nous guette. Chaque matin et maintenant ... ce soir à plus de minuit passé ! Il doit dormir non loin ce n'est point possible autrement. étrange.. Un vagabond ?


Oh vous croyez qu’il n’y en a qu’un ? On aurait bien dit qu’il était au moins trois !

Et bien disons que l’autre jour, j’ai entraperçu la silhouette de nostre esprit frappeur : il n’était pas plus haut que trois pommes et m‘avait tout l’air d’afficher un sourire innocent.


Innoncenté ? ! Vos n’y pensez pas c’est dou harcèlement ! Oun ... guerrilla dé tranchée ! d"ja qué cet soir c'était la terrible nuit avec cet carosse qui a versé dans un chariot dé citrouille ah mé jé vous jure ! ceti pas notre nuitée !

- Si j’attrape le ou les coupables croyez moi qu’il receveront un juste châtiment

Oane sourit et plisse les yeux ayant renoncer à chercher dans les coins et recoins un mouvement suspect qui lui révélerait la cachette du gamin.

Allons mes dames, il ne s’agit que de quelques boules de neige ; et il ne faut pas tout mélanger : si le carrosse ressemble désormais a une citrouille géante, il n'y est pour rien lui. Notre coché soûle en revanche si. Alors si vous attrapez l’auteurs de cette farce, vous me l’amènerez sans lui faire aucun mal.

Sitôt dit la comtesse avança d’un pas décidé sur le chemin et entra dans la cour. Blanche sursauta et vient ouvrir la porte massive ; les trois femmes pénétrèrent dans la demeure silencieuse.

Merci Blanche. Dites moi comment va t elle ?

Elle a mangé un peu de soupe enfin si peu...

Oane sentit le froid létal d'un poignard dans sa poitrine. Le bal avait été un court intermède où elle avait pu oublier un instant que sa mère était alitée et ce depuis des semaines. Une petite voix lui soufflait sa culpabilité à la figure mais elle la fit taire. Dès le seuil franchit, le fardeau de sa tristesse était retombée sur ses épaules. Elle avait baissé le regard perdu dans ses pensées puis, elle releva le menton et grimpa l’escalier quatre à quatre en abandonnant les femmes en bas. Lady était certes malade depuis longtemps mais ce n’était pas vraiment cela qui la rongeait, non. son mal était d’une autre nature. Le mal d’amour à mort... Son bien aimé était mort au champs de bataille et elle y avait été blessée. Oane avait l’impression que pour la première fois sa mère ne se battait plus pour vivre. Oane aurait voulu lui jeter ce fil, cette ancre qui lui manquait tant.. Une idée déroula sa pelote : des petits enfants ? C’était là une des choses auxquels Oane avait échoué. Sa mère n’était toujours pas grand mère à son grand désespoir. Oane releva ses océans et poussa la porte sur l'obscurité de la chambre maternelle. Elle plissa le nez tant l'odeur était âcre. Pour une fois depuis des années, Oane avait accepté de ne pas porter la couleur du deuil d'Elra, de son père ... et portait une robe de couleur... lilas et or, elle en eut presque honte en entrant dans la chambre où sa mère gisait endormie et mal en point. Elle alluma une des torches de coté puis s’assit sur le rebord du lit et contempla le visage de sa mère. Malgré l’âge, malgré les tourments, elle ressemblait toujours à un ange. Oane lui prit la main puis dit de sa voix haute et claire :

Doulce mère ?
Doulce mère, réveillez vous !
Ah si vous saviez ma mère !

Je ne sais plus du tout en j'en suis ! Voyez comme mon coeur bat la chamade ! N'est ce poinct étrange que cela ? Ce fut une folle nuit ma mère une folle nuit vous dis je !
J’accrois que j'ai perdu la teste à moins.. que ce ne soit la raison ...


Oane lui décocha son sourire cerise, celui la même qu'elle avait enfant devant un énorme cerisier où grimper et cueillir le fameux fruit défendu, celui qui tache les robes blanches en dentelle des comtesses quelque soit leur age d'ailleurs mais qui est si bon si bon...

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MessageSujet: Re: The end...   Jeu 5 Jan - 23:37

--Lady. a écrit:
Une lame lumineuse lui transperce le crâne.

Les minutes de conscience égrainées au fil des semaines d'un sommeil plus proche du coma traumatique que de la convalescence restent de longues séances de tortures. Son cuir chevelu a peut être cicatrisé, ses os se sont peut être plus ou moins ressoudés, une partie sous-jacente reste irrémédiablement en bouillie. Avec des conséquences plus ou moins attendues.

Une main ferme et bienveillante avait tenté de la noyer d'un peu de bouillon qu'elle aurait refusé. Lady sombre à nouveau.

Étrangement, l'indicible souffrance toujours aussi présente c'était faite muette. La douleur était là mais sans aucune importance. Un répit?

Un tourbillon de sons accroche le bord de l'esprit de la comtesse alitée. L'océan? Comme extirpées d'une poix aussi sombre qu'épaisse, malgré elles, quelques pensées s'attirent et un souvenir d'Oane colore l'inconscient puis le conscient de Lady. Bleu. Doux.
Oane babille et pour la première fois depuis des semaines, Lady en saisi davantage que le simple réconfort de sa présence. Son ton légèrement forcé se veut empreint de gaieté. Ô Ciel comme elle voudrait la savoir heureuse. Elle tente d'écouter son propos.

Échouant à coasser quelques mots, elle referme simplement sa main sur la sienne.

La Vie fait bien les choses. La Mort aussi. Plus que l'ombre d'elle même, Lady parvient à réaliser qu'elle vit certainement les instants de sérénité qu'Elles se sont accordées à octroyer en ultimes préparatifs au Dernier Voyage. Par la Sainte Lumière, oui, les choses sont bien faites. A l'heure du départ, Aristote ou peut être le Très Haut en personne lui offre un moment avec son Oane...


...Oane...

De sa gorge parcheminée s'effritent quelques mots .

Mon enfant, promets moi d'être heureuse.
Souviens-toi de ma lettre, le fameux jour n'a jamais été aussi proche.
Pas de la fin, de la transition. D'un au revoir plus long que de coutume.
Je n'ai pas peur, je n'ai pas de regret, je serai libérée.
Pleure moi juste un instant puis souris à la vie qu'il te reste encore. La mienne a été remplie, assez pour 2 ou 3 existences, remplis la tienne davantage encore. Vis pour toi, sans te contraindre. Ne bride pas ton existence sous quelque prétexte que ce soit.

Lady marque une pause, épuisée par sa rauque tirade.



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MessageSujet: Re: The end...   Jeu 5 Jan - 23:37

Oane a écrit:
...Oane...

Son prénom prononcé ainsi dans la bouche de sa mère, est ce possible ? Cette voix est si éraillée, si tremblante qu’on croirait voir la flamme d’une bougie qui vacille avant de s’éteindre tout à fait. Oane ne veut pas entendre, elle ne peut pas. Pour elle, sa mère est toujours resplendissante, fière et forte et elle doit revenir au monde, elle doit lui revenir toujours. C’est son âme d’enfant qui enfle et crie de tout ses poumons prisonnière de ce corps trop grand, devenue femme.

Mon enfant, promets-moi d'être heureuse.

Les océans débordent sans marée préalable emportant tout sur leur passage et se cognant sans fin sur les falaises que des années d’éducation ont construites et qui protègent la De Surgères de ses émotions.

Souviens-toi de ma lettre, le fameux jour n'a jamais été aussi proche.

La lettre ? La lettre oui mère, je me souviens.

Oane débordée par son chagrin ne se souvient de rien ou plutôt de tout. Tout remonte dans le même temps, l’emplie, la submerge tout à fait, elle se délite comme le lit d’une rivière en crue.


Pas de la fin, de la transition. D'un au revoir plus long que de coutume.
Je n'ai pas peur, je n'ai pas de regret, je serai libérée.
Pleure moi juste un instant puis souris à la vie qu'il te reste encore. La mienne a été remplie, assez pour 2 ou 3 existences, remplis la tienne davantage encore. Vis pour toi, sans te contraindre. Ne bride pas ton existence sous quelque prétexte que ce soit.


L’océan de ses yeux prend ses couleurs de tempête ravageuse. Elle sert la main fragile et s’écrie :


Doulce Mère, vous ne pouvez me laisser, non pas maintenant, non le temps n’est pas venu ! Ce n'est poinct possible...

Si vous partez
Qui racontera avec un sourire fier et espiègle
Dans les tavernes au tout Poitiers bien pensant
Toutes ces bêtises que j’affectionnais tant enfant ?
Qui me dira ne pas toujours respecter les règles ?
Si vous partez
Qui se souviendra que déjà la mini comtesse
Haute comme trois pommes aimait à cueillir
les cerises et qu’elle passait son temps à remplir
des paniers tressés avec une grande hardiesse ?
Si vous partez
Quand dans les brumes le chemin se noiera
Quand mes pensées me rendront folles
Qui de sa de sa doulce voix me guidera
Qui me servira de guide et de boussole ?
Si vous partez
Lorsque le monde en collision entrera
Et que mon coeur menacera de périr
Qui n’aura qu’à ouvrir l’espace de ses bras
Pour que l’astre radieux se remettre à luire ?

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