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 Le conte de Jehan

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Sonate

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MessageSujet: Le conte de Jehan   Mar 12 Aoû - 23:19

Caedes : la fugue

Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent mie cognoistre. J'avois lors quelques rides de moins et le cheveu plus roux qu'aujourd'hui, où l'argenté a succédé au fauve. J'estois encore baron, je n'estois point encore pair, et venoit d'avoir descendance masle. C'estoit le temps des troubles, le temps des serments, le temps de ce que l'on nommast bien improprement "La Fronde".

Car il fut donné un nom de jouet d'enfant à une agitation qui fit vaciller le trosne, le royaulme entier, aviva les passions, déchaîna les rancoeurs et salit à jamais le nom de celui dont je veux parler ce jour. Une brise légère caresse les murailles de mon castel d'Urgel. Tout est calme, c'est l'heure sacrée de la sieste diurne, eschapatoire souveraine aux maux d'ici bas et à la brûlante chaleur du zénith. Je suis pourtant plume en main et mes feuillets s'envolent à mesure que les noircis de souvenirs.

Pourquoy, dans la sérénité calme de claire lumière ibérique, ressasser ainsi les temps jadis ? A cause d'une promesse que me fis, le soir triste d'un gris janvier, dans la geosle humide d'un ami. Ce soir-là, devant la résignation stoïque de si illustre homme, je décidoi de rédiger un jour le récit de ce que j'aurois vu. Puisque ne pouvois plus me battre pour la vie du feu duc, je juroi de me battre pour sa mémoire.

Et ce jour est arrivé. Les esprits sont calmés, la fureur endormie, et la sapience de mes trente-six printemps m'autorise d'entreprendre si douloureuse réminiscence.

Mais il faut pour cela que ma plume se fasse violence, qu'elle remonte le temps jusques bien avant les événements de la Fronde. Nous estions en octobre lorsque la Cour, la Ville et le Royaulme apprirent l'estrange nouvelle. Le duc Caedes, l'un des hommes les plus puissants de son temps, avoit disparu. C'est avecques émotion que mon ami et mentor, le duc Cardinal de Beaujeu, me conta la chose.

Le duc Rafaello de la Francesca, dict "Caedes", vénitien de naissance, ancien cardinal de la Très-Saincte Eglise Aristotélicienne qui seule nous garde des tourments de l'Au-Delà, législateur éclairé de Champagne et duc aimé de son peuple, de ses vassaux et de ses amis, devoit gagner la Bourgogne où l'avoit convié le duc d'alors, Arfax de Nivernois, pour répandre sa sapience en les bancs vermoulus de l'austère université de Dijon.

En ces temps-là, la Champagne estoit terre prospère et fertile, puissante, fière et redoutée. Ses greniers estoient pleins et ses caves emplies. Entourés de ses loyaux barons, le duc Caedes soûloit prester audience à son peuple sous le chesne de Rheims, et tous s'accordoient à le trouver bon, libéral, juste, magnanime et résolu. Il avoit pris pour femme la comtesse Tsarine de la Fère, et tenoit d'elle deux hoirs masle, Alessandro et Arturo. La guerre de Compiègne, peu de temps auparavant, avoit vu la cuisante défaite du comté d'Artois et le triomphe de la Champagne caedessienne, accentuant une rivalité funeste qui porteroit ses fruits amers par la suite. Mais n'anticipons guère, et revenons au voyage de Bourgogne.

S'agissant d'un invité de marque, pair du royaulme, sans doute l'homme le plus puissant de France après le roy et son controversé ministre Volpone de Médicis, la Bourgogne s'engagea à fournir une escorte au bon duc. Davantage, le duc Caedes et son espouse Tsarine, que Dieu les aict en sa Très-Saincte Garde, avoient faict l'objet de menaces et ne pouvoient décemment voyager sans gens d'armes.

Le futur duc de Beaujeu, alors baron de Nuits-Saint-Georges et vassal des ducs de Bourgogne au mesme titre que vostre serviteur, estoit un amy de longue date de Caedes. Il gagna donc Troyes pour lui tenir lieu d'accorte escorte. Il devoit pour l'occasion être accompagné de deux tristes sires, mercenaires sans vergogne nommés Napnaptk et Brucea ; mais les deux ladres se dérobèrent, ce qui est un comble pour si célèbres brigands. On verra quel profit ils firent de ce désistement.

Cognoissant mieux que quiconque l'itinéraire retour du duc, ces deux individus tendirent alors une embuscade au convoi, sur la route de Troyes. Cardinal me conta combien l'assaut fut vite repoussé. Tous ceux qui ont déjà croisé le fer avec le duc de Beaujeu vous le confirmeront : ses qualités de bretteur mettroient en déroute maints routiers indélicats. Mais dans la surprise de l'embuscade, le bruit des estocades et l'ardeur de la poursuite menée contre les deux brigands, Cardinal et Caedes se perdirent de vue dans les sombres forêts des confins de Champagne et Bourgogne.

Quelques temps après, le baron de Nuits-Saint-Georges vit revenir la monture d'ébène du Duc, Soleil Sombre. Son maistre ne le montoit point. Quelques recherches menèrent Cardinal à une clairière où deux cadavres ensanglantés finissoient de se vider de leur sang. Leur tabard, me conta-t-il, portoit un "G" richement ouvragé de sable et de gueules. Aujourd'hui encore, j'ignore la signification de cette macabre découverte. Le duc Caedes avoit-il rencontré ennemis d'Itale, inimitiés de ses temps Sérénissimes ? Nul ne sait. Mais nul n'ignore non plus que Caedes, victorieux de la guerre de Compiègne, estoit honni de tous les Artésiens revanchards et malengroins. L'on organisa maintes battues, l'on remua ciel et terre, mais le constat fut effroyable et abrupt : Caedes avoit disparu.

Certains se réjouirent de son trépas, mais nul cadavre ne vint corroborer leurs libations. L'on resta sans nouvelles, haletants et sonnés, puis la vie reprit son cours et le royaume son calme. Tsarine, espouse de Rafaello, assuma la régence au nom d'Alessandro, hoir du duc, et tous les champenois se lamentèrent amèrement de si terrible perte.

Ainsi s'achevoit, crut-on, la vie du bon duc Caedes. Ainsi s'achève également la première partie de mon récit.

Faict au cours du moys de septembre de l'an de Pasques mil quatre cent cinquante quatre, par Don Jehan d'Urgel.
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MessageSujet: Re: Le conte de Jehan   Mar 12 Aoû - 23:28

Caedes : la fin

Quand au hasard des jours je m'en fus faire un tour en mon ancienne adresse, rue Sainct-Anthoine, je ne recognus plus ni les murs ni les rues qui ont vu ma jeunesse. La chapelle héraldique, ma chère chapelle, dressoit toujours ses clochetons gothiques, mais les hérauts estoient-ils appelés à survivre au délitement croissant de la foy donnée ? La Bastille, elle, n'estoit plus à mes yeux l'hermétique et imposante citadelle royale qu'admirois jadis. Un homme y estoit entré, y avoit expiré, et son asme en estoit transfigurée. La grandeur, conclus-je lors, n'estoit point dans la pierre en soi, mais dans ceux qui l'habitent ou la façonnent.

En les jours apaisés que nous vivons désormais, alors que la fortune de mon sang est poussée à un nivel que jamais n'atteignit, alors que les droits successoriaux de la maison d'Urgel sont enfin recognus à la maison de Malpertuis et que le manteau de pair de France nimbe le goupil familial, il me faut rappeler aux absents de ces jours sombres que fus frondeur. La Fronde, c'estoit le retour du bon droit, le rétablissement de la grandeur royale, la fin des obséquiosités courtisanes. La Fronde, c'estoit les plus honorables féodaux du Royaulme unis pour mettre fin à la paresseuse incurie de Lévan de Normandie. Alors oui, je fus frondeur, et ne m'en suis d'ailleurs jamais caché.

Car en ce temps-là, le Royaulme de France hésitoit entre deux partis opposés. Les frondeurs s'estoient réunis dans la puissante Confrérie des enfants de Noé, et les « loyalistes » n'estoient qu'une poignée de mercenaires que nulle fidélité autre que pécuniaire n'attachoit à Lévan de Normandie. Et ils furent nombreux, les frondeurs du premier jour, à se rallier soudain au panache gris du lévanide, tant l'argent corrompt et le courage s'avilit. De cela, il sera tost question, n'en doutez mie.

Mais vois plutost, amy lecteur, quels illustres personnages eurent le courage de contester le tyran.

Sitost que le duc Caedes eut prononcé son célèbre « Point n'est roy qui à Reims n'est oint », les soutiens affluèrent de toutes les provinces du royaulme, tant estoit grand le désir de changement. Tsarine, qui conservoit pour la forme la régence de Champagne, soutint immédiatement le duc. Le jour mesme, la Normandie de la duchesse Enox se rallia à Caedes. Me croira-t-on si je rappelle que la Normandie estoit lors la seule province rattachée au domaine royal ? Me croira-t-on si je rappelle que Lévan de Normandie l'avoit eu pour apanage avant que de, selon toute vraisemblance, prendre part à l'assassinat de son père Lévan II de France ?

Le ralliement de la Normandie estoit donc lourd de symbole. C'estoit Lévan frappé là mesme où il avoit construit sa prise de pouvoir. Enox se fendit d'une déclaration publique à Reims pour rappeler que seule l'onction du saint-chresme conféroit la majesté royale, puis elle regagna Rouen pour convaincre les plus frileux de ses sujets. Peu après, deux aultres provinces se déclarèrent opposées à Lévan de Normandie : la Bretagne, par tradition, et le Berry du bon duc JuJu, la « petite Champagne », dont les riches moissons et les fertiles pasturages avoient mené à une grande prospérité et stabilité.

S'ensuivirent alors plusieurs jours de profonde effervescence, car toutes les provinces hésitèrent longuement avant que de choisir leur parti. Toutes, y compris le teigneux Artois, dont l'animosité envers la Champagne de Caedes estoit nourrie de bellicisme crasse et de rancoeur stérile. Terrible camouflet pour Lévan de Normandie, car nul duché ni comté ne le soutint immédiatement et inconditionnellement ! Et preuve irréfutable de sa coupable incurie et du mépris que ses moeurs inspiroient.

Davantage, au sein de la seconde pairie lévanide, seul Biquette de Salignac, alors comte de Hainaut, refusa les réformes et resta obstinément lié à Lévan de Normandie. Douteuse fidélité qui lui vaudroit bientost la Grande-Maistrise de France et la principauté de Condé, mais cela n'est point mon propos. Le vicomte Alsbo de Châlons et le duc Volpone de Médicis, eux, se déclarèrent ouvertement favorables au mouvement de Fronde lancé par le duc Caedes de Champagne.

Mais, demanderez-vous, que vouloient véritablement tous ces Frondeurs ? Rien que de très profitable à la Couronne et au Royaulme, en somme : la réunion des Estats-Généraux. Seuls les Estats sembloient en mesure de rendre au pouvoir l'impulsion et le souffle qui lui faisoient défault, et c'est bien cela que de nombreux hommes de bonne volonté entendoient obtenir. Objectif rempli malgré tout, car depuis la Fronde les réformes furent plus nombreuses que sous les trois règnes lévanides réunis. Sans la Fronde, qui sait ce qu'il fut advenu du pauvre Royaulme de France ? Une aultre dévergondée auroit régenté la Cour, telle celle qui tenta par trois fois d'obtenir une couronne, et qu'il seroit indécent de nommer à la postérité.

Le duc Cardinal de Bourgogne, le duc JuJu de Berry, la duchesse Enox de Normandie, le duc Mat de Bretagne, le duc Caedes de Champagne, la moitié de la pairie, une bonne partie de la noblesse et du clergé réclamoient la réunion des Estats. Si Lévan de Normandie y avoit consenti, n'auroit-il pas par là-mesme prouvé qu'il estoit bel et bien investi de la dignité royale que certains luy contestoient ? Il n'en fit rien, montrant à tous qu'il n'estoit point roy en un Royaume qui lui eschappoit irrémédiablement.

J'ay déjà dict que toutes les provinces, sans exception, hésitèrent entre ralliement à la Fronde ou soutien du fantoche lévanide. J'ajouterois que certains ducs et comtes poussèrent le vice jusqu'à assurer les aultres frondeurs de leur soutien, pour promptement tourner casaque comme girouette au vent. J'emporteroi sans doute dans la tombe les noms de ceux qui, dépourvus d'honneur, ne méritent point mémoire. Et comme le Dieu d'Aristote est un Dieu de miséricorde, je prie pour qu'on leur accorde l'oubli qu'ils n'osent réclamer pour eux, car après tout je n'écris point pour maudire, Dieu m'en garde, mais bien pour dire ce qui fut.

J'avois laissé le vicomte Jarkov de Chateaubriant seul en sa triste geosle, ruminant de haine à l'encontre du duc Caedes. Peu après le début de la Fronde, le duc Caedes jugea qu'il estoit temps de libérer l'ancien cardinal, afin qu'il ne pourrisse céans tandis que sa chère Bretagne lutteroit pour la justice. L'air libre ne tempéra point l'ire malsaine que nourrissoit le vicomte. Il ne calma pas non plus la puissante amour qu'il entretenoit pour Tsarine de la Fère, qui s'estoit donnée à luy et portoit son enfant. Chateaubriant noulut donc regagner Rennes et resta à Reims, avide d'en découdre avec Lévan de Normandie, car s'il abhorroit fort les exécrables Phookaïstes, la médiocrité juridique et le duc Caedes dont le retour luy avoit esté si funeste, il détestoit davantage encore les ennemis de la Bretagne.

L'agitation estoit déjà grande dans un Royaulme où maints libelles réclamoient les Estats Généraux. Elle prit une tournure irrémédiable avec l'estrange proclamation que fit parvenir Lévan de Normandie à l'ensemble de ses sujets.

Sans qu'on sache quels copistes acharnés parvinrent, en si peu de temps, à produire autant de copies de la proclamation que la France comptoit d'asmes qui vivoient, les villes et les campagnes furent bientost inondées de la prose maladroite des conseillers du lévanide. Qu'un roy sacré et oint de Dieu parvienne à faire tel miracle, cela estoit chose compréhensible, mais un monarque falot, débauché, soupçonné de parricide et que nulle huile saincte n'avoit jamais ondoyé ! Avecques le plus grand sérieux, d'aucuns évoquent encore un acte de sorcellerie éhonté, car au vu de la longueur du texte, en faire tant de copies est tout bonnement impossible à main d'homme. Pour moi j'ignore où est le vray et ne veux point me prononcer. Ce n'est point la dernière foys que le nom de Lévan de Normandie seroit lié à une estrange manifestation aux acres odeurs de souffre.


Le contenu de ce brulost estoit simple : les Frondeurs estoient des traistres à la Couronne, quiconque aideroit à réduire au silence la légitime demande qu'estoit la réunion des Estats se verroit grassement récompensé par Lévan de Normandie. En puisant allégrement, s'entend, dans les caisses déjà arides du trésor royal. Donc, par conséquent, en haussant tailles et gabelles et en comprimant toujours plus le petit peuple.

L'appast du gain avoit déjà perdu Cristos, le Très-Sainct Prophète, vendu pour trente sicles. L'appast du gain perdit la Fronde. Les promesses pécuniaires de Lévan de Normandie convainquirent bientost l'Artois, le Limousin et la Marche, une partie du conseil normand et plusieurs factieux bourguignons. Lévan de Normandie avoit laissé sous-entendre que les provinces frondeuses seroient dépecées, et chacun voulut bientost avoir sa part de picorée à la curée. L'intérest général du Royaulme s'effaça, comme bien souvent, devant les mesquins appétits que nourrissoient les provinces de France. Chacun ne songea plus qu'au profit qu'il pourroit faire en envahissant son voisin, et les Estats Généraux semblèrent définitivement compromis.

Le cliquetis des armes remplaça finalement l'éclat des voix. Les grandes manœuvres commencèrent et tous attendirent, haletant, l'issue des combats.

Trois fronts se dessinèrent dans nostre beau Royaulme, dans ce qui fut la pire guerre civile depuis la folie de Charles le Sixième. Commençons par la Normandie, que son statut de domaine royal rendoit particulièrement symbolique. La duchesse Enox dut faire face à une trahison menée en son propre conseil par le terne Ruthra, lequel s'empara du castel de Rouen. Chassée du pouvoir, elle dut prendre la fuite, ce qui estoit grande pitié pour une si grande dame, a fortiori convalescente. Le vaillant ost breton mit un certain temps à se mobiliser pour venger Enox, mais il s'empareroit bientost du castel de Rouen pour libérer le bon duc Gomoz de Penthièvre et la belle Nathan de Cornouaille, prisonniers des forces Artésiano-Normandes.

Le second front se trouvoit en Berry. Les troupes limousines, auvergnates et tourangelles, ravies de l'aubaine, se ruèrent bientost vers les greniers du riche Berry. Tentant à plusieurs reprises d'assaillir le chasteau de Bourges, elles se trouvèrent repoussées à chaque fois par la valeureuse défense berrichonne. Les troupes débandées se vengèrent alors sur l'habitant, et notoirement sur l'habitante.

Le troisième front, sis à Rheims, en Champagne, n'en fut point un à proprement parler. Pourtant l'endroit estoit particulièrement emblématique et stratégique. Là auroit reposé Mllelafée si nul ne s'estoit élevé contre pareil sacrilège. Là estoit la cathédrale des cathédrales, où nos roys sont oincts depuis Clovis. Là se trouvoit le duc Caedes, par qui la grogne avoit trouvé le courage de retentir.

L'Artois vivoit avec la revanche chevillée au corps depuis la cuisante déroute de Compiègne. Que l'on se souvienne que Compiègne n'a point toujours estée champenoise, mais qu'une guerre estoit venue la libérer du joug artésien. Aussy l'Artois « loyaliste » se dressa contre la Champagne frondeuse. Il lança ses troupes et mercenaires vers Rheims, avecques pour seule consigne de bien brusler et de bien violer. Aux cris de « Point de salut n'y aura pour qui le roy trahira », ce qui ne manquoit guère de sel quand on sçavoit que tous, frondeurs comme loyalistes, convenoient que le roy en question n'estoit point sacré.

Il n'y eut point bataille rangée, il n'y eut point honorable guerre. Les Artésiens avoient été défaicts à la loyale lors du siège de Compiègne, ils ne surent employer que la traitrise pour obtenir revanche. Contrairement à toutes les règles tacites du combat, la soldatesque artésienne se jeta sur la population champenoise avec barbarie et soif de sang. Les abords du castel de Rheims furent tost ravagés par ces pillards sans principes, et cela, le bon duc Caedes ne put le souffrir. Alors, il fit sortir tous les occupants du castel par une poterne et ordonna que l'on ouvre grand les portes pour mettre fin à si ignoble carnage. Les Artésiens crurent avoir vaincu, ils ne firent que s'humilier davantage.

Le duc Caedes manda héraut auprès de Lévan de Normandie pour obtenir composition honorable, puis quitta Rheims. Le vicomte de Châlons et pair, Alsbo de l'Espine, qui s'estoit désolidarisé de la Fronde peu de temps auparavant, reçut du lévanide la charge d'intendant de Champagne. L'espoir avoit vécu.

Dans le mesme temps, la Bourgogne du duc Cardinal estoit en proie aux plus vifs déchirements. En son sein, plusieurs factieux, tel le fabuleux Morkail de Brionnais, l'affable Biquette de Salignac ou encore le gentil Jacknight, contestoient les légitimes revendications des Frondeurs et appeloient au soulèvement du populaire. Je suivis l'affaire avecques d'aultant plus d'interest qu'estoit moi-mesme le vassal direct du duc de Bourgogne. Or il se trouva bientost que le gentil Jacknight en appela aux duchés voisins pour envahir les terres bourguignonnes, au nom de sulfureux préceptes hautement subversifs pour l'ordre voulu par Dieu, à savoir donner tout pouvoir à la masse. Ce Jacknight-là a depuis accédé au poste de duc de Bourgogne et s'y est distingué par la déficience de ses facultés cognitives.

Face à la controverse que suscitoit la position du duc Cardinal, ce dernier eut la grandeur et l'intelligence de se démettre de ses fonctions juste après la chute du castel de Rheims. Le fougueux Persan assuma alors la régence, et preuve que Cardinal de Nuits-Saint-Georges avoit toujours servi la Bourgogne avec droicture et honneur, il l'autorisa à prendre pour fief de retraite le duché de Beaujeu. La Bourgogne, minée par les divisions internes et les incessantes querelles intestines, ne se relèveroit plus avant longtemps.
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MessageSujet: Re: Le conte de Jehan   Mar 12 Aoû - 23:29

II Nous estions au mois de janvier. La blanche froidure recouvroit les terres gelées et désolées. La Normandie estoit sillonnée de soldatesque, le Berry avoit souffert mais tenu bon, la Champagne avait dû plier l'échine devant la masse. Les Estats Généraux, évoqués par Lévan dans sa proclamation, ne verroient jamais le jour. Les plus sots des loyalistes avoient le triomphe bruyant et plébéien et Lévan de Normandie, très opportunément, avoit rejoint la Champagne pour y recueillir les lauriers de la victoire artésienne.

Il me faut évoquer l'un des profonds malentendus qu'utilisèrent les loyalistes jusqu'à l'écoeurement, à sçavoir les prétendues visées royales du duc Caedes. On agita bien hault l'ambition du duc pour justifier les appétits mesquins et pécuniaires des médiocres, et l'on passa sous silence qu'un homme qui avoit quitté la France alors mesme qu'estoit tout puissant en Champagne et fort influent dans le Royaulme ne pouvoit avoir pour motivation la seule queste du pouvoir. Il vouloit les réformes, il vouloit les Estats-Généraux. Mais il n'ambitionna jamais le trosne, luy qui naquit en la République Sérénissime.

Le duc Volpone de Médicis estoit exactement dans une situation inverse. N'ayant jamais quitté le pouvoir depuis son accession à la première pairie de France, il envisageoit de plus en plus ouvertement de se poser en candidat au trosne. Plusieurs frondeurs émirent en ce temps-là leurs peurs de voir Volpone les trahir en monnayant son ralliement auprès de Lévan de Normandie. Le pouvoir estoit son seul but, de cela nul ne disconvint, surtout lorsqu'on apprit qu'il estoit en Rheims juste après la chute du castel ducal. On se méfia bien inutilement de Caedes, et trop peu de Volpone, si que ce dernier parvint à s'enfuir du royaulme. Il estoit lors asgé de plus de 80 ans, ce qui me laisse penser que les rumeurs qui font aujourd'hui estat de son retour sont soit de mauvais racontars, soit l'effet d'un usurpateur éhonté. Ne revient point en sauveur qui veut, je le crains.

Lévan de Normandie estoit en Rheims pour se faire finalement sacrer et devenir Lévan le Troisième, roy de France. Le duc Caedes de Champagne, par un estrange chassé-croisé, estoit en Paris pour se constituer prisonnier dans un dernier geste plein d'élégance chevaleresque et de noblesse d'asme.

Le sacre de Lévan III de France fut triste et sans éclat. La plupart des haults-dignitaires du royaulme n'y assistoient point, seuls deux pairs y estoient, et il sembloit qu'une partie du Royaulme narguoit volontairement l'autre. Pour ma part, je n'y parus poinct, quoique mon rang de maréchal d'armes de France m'y obligeast. Je n'estois point disposé à donner cette satisfaction aux narquois loyalistes dont le grossier manque d'éducation alloit de pair avec une tendance rustre à la rodomontade.

La cérémonie faillit ne pas avoir lieu, car la duchesse Tsarine s'estoit emparée de la Saincte-Ampoule et l'avoit dissimulée avec opiniâtreté. Tsarine, d'ailleurs, ne devoit point survivre à ses couches et trépasseroit peu après avoir mis au monde l'enfant mort-né du vicomte de Chateaubriant. Elle fut portée en terre et la nouvelle de son trépas atteignit gravement le duc Caedes et le vicomte Jarkov.

Mais revenons au sacre. Malgré l'absence préoccupante de la Sainte-Ampoule, Lévan, sûr de son faict, maintint la cérémonie. Là encore, l'on évoqua l'interventions de puissances infernales, car au moment de l'onction, un volatile estrange et saugrenu descendit de la voulte cathédrale portant un flacon de mauvaise huile de noix. Comme si l'olivier, arbre de paix et de grandeur, ne seyoit point à pareille cérémonie.

N'ayant point assisté à la chose, je ne sais que penser de cet oiseau tombant du ciel et veux croire de toute mon asme que le seul vray Dieu n'aura point permis qu'une messe noire ait lieu dans la cathédrale de France la plus élancée vers Lui. Cependant, attendu que maints prélats de Nostre Très Saincte Mère l'Eglise Aristotélicienne et Romaine présidèrent la cérémonie du sacre, nul ne disconvint désormais de ce que Lévan de Normandie estoit Roy de France et Oint du Seigneur. Vostre serviteur luy-mesme le recognut quelques semaines plus tard.

D'ailleurs, le pape Eugène V luy mesme fit le voyage depuis Rome pour assister au sacre et offrir sa bénédiction. Les mauvaises langues sifflèrent qu'il devoit bien cela à Lévan de Normandie, sur le compte duquel on mettoit le mystérieux trépas du pontife précédent, Nicolas V.

Cependant que l'apparition volatile de Rheims esbaudissoit le populaire, un cavalier franchissoit la porte Sainct-Anthoine en la bonne ville de Paris, entouré d'une petite troupe. Sans un mot, il alla jusqu'à la porte de la forteresse royale, se fit déclore l'huis et s'enfonça dans la Bastille. Cet homme avoit esté duc de Champagne, il venoit de se constituer le prisonnier de Lévan le Troisième. Evidentement, le noble geste du duc Caedes devoit épargner à la Champagne d'estre dépecée entre Bourgogne et Artois comme certains l'avoient espéré.

C'est là que vostre serviteur eut part à ces tragiques événements et jura de les conter en détail.

J'estois lors en Carcassonne où un hoir masle, du nom de Reginhart, estoit sur le point de me naistre. J'y reçus une courte missive scellée du sceau Champagne. Le duc Caedes avoit résolu de se livrer pour soulager sa terre des affres de la défaite, et il me prioit de bien vouloir le venir trouver en Paris. Je ne cognoissois le duc que pour l'avoir croisé en diverses occasions, comme son mariage avecques la comtesse Tsarine de la Fère. Je l'estimois pour ce qu'il estoit, un grand homme, juste législateur et chef magnanime, mais n'avoit jamais eu l'heur de lui parler seul à seul.

Pareille missive ne manqua donc pas de m'estonner au plus hault poinct. Quoy, le grand duc Caedes désireux de parler à un simple baron en ces heures tragiques ? Certes, j'estois issu d'une antique et valeureuse maison, mais les Malpertuis estoient peu fortunés et avoient souventes fois contracté mariages impécunieux. Mon père Reginhart IV luy-mesme espousa l'infortunée infante Catalina d'Urgel, qui n'avoit pour elle que la promesse d'un comté et l'honneur de sa maison à reconquérir.

Il est des instants dans une vie d'homme où l'on sçait qu'il faut agir et ne poinct balancer. Mon espouse, grosse de huit mois, mon enfant à naistre réclamoient ma présence en Carcassonne, et pourtant, dans la nuit hivernale, je me retrouvoi bientost à galoper vers Paris. Je manquois d'y faire crever Mllelafée, ma jument, que j'avois baptisée ainsi tant la défunte favorite partageoit le mesme regard chevalin. Le cinquième jour, en milieu de relevée, j'aperçus enfin les créneaux de Paris.

Ah Dieu, je te jure, lecteur, que j'aurois aimé tirer Caedes de sa geosle et luy fournir escorte jusques à quelque port où s'embarquer. J'avois échafaudé au cours de mon voyage maints projets d'évasion, tous plus farfelus les uns que les aultres. Mais aucun ne servit. Lorsqu'on m'introduisit auprès du duc, je le trouvois amaigri, vieilli et fatigué. Cependant, l'allure estoit toujours noble et le regard bienveillant. Alors, ne pouvant contenir l'admiration qu'il m'inspiroit, je m'agenouilloi soudain et prononçoi ces paroles dont je garde encore le souvenir exact :

«Monseigneur, je vous ai donné mon amitié, à défaut de mon allégeance qui va au duc Cardinal, mais croyez bien que je ferai tout mon possible pour vous. En homme d'honneur.»

Le grand duc me fit me relever. Nous eschangeames quelques axiomes latins profonds de stoïcisme, je le renseignoi sur l'estat du duc Cardinal et celuy de mon espouse Elissa, dont il affecta de cognoistre la beauté. Alors, prenant soudainement un air grave, il me fit le garant de ses dernières volontés. Sa fille bastarde, dame Matthilde de Beaugency, seroit la tutrice de ses deux hoirs, Alessandro et Arturo. Les biens de son manoir de Clermont seroient répartis équitablement entre deux. Soleil Sombre finiroit paisiblement ses jours en une prairie champenoise.

Restoit son espée, la légendaire Hauteclaire, lame d'un empereur romain et du chevaleresque Olivier. Caedes fit du cinquième des Malpertuis le récipiendaire de ce trésor. Ses mots résonnent encore dans ma teste à l'heure où je les recopie fébrilement :

«Je vous ferai remettre mon épée Hauteclaire, vous en connaissez l’histoire, je vois en vous le seul homme capable de la garder et de la manier à notre époque. Votre noblesse est telle que je voyais en vous le seul homme apte à monter sur le trône de France, mais passons. Matthilde de Beaugency vous la portera en temps voulu.»

Manquant de défaillir, j'eus un sourire et refusoi pareil honneur. Non, je n'en estoit point digne, car seul le sang des De la Francesca avoit dignement brandi cette espée. Pareil présent devoit aller à l'engeance du duc, pour qu'elle perpétue, avec le souvenir de sa grandeur, sa race et sa lignée.

Il me répondit posément :

«Vous aurez cette épée car vous êtes digne. Si demain vous pensez que cette épée revient à l'un des mes fils et qu'il est bon qu'il la recoive, alors vous le ferez. Le sang que l'on reçoit ne suffit pas à gagner le droit de manier cette épée. Il faut plus que cela, il faut s'en montrer digne. Donc très bientot, vous en aurez la garde et l'usage.»

La gorge nouée, je fis serment de la porter avec honneur et de ne la remettre qu'à qui seroit digne de la porter après le duc et après moy. Intérieurement, je juroi également d'entreprendre le récit que j'achève ce soir, dans la tiédeur du couchant aragonais. Ah Dieu, qu'il est difficile de se remémorer ces tristes heures sans sentir son coeur se fendre et se craqueler !

Si le duc me faisoit le garant de ses dernières volontés, c'est qu'il sentoit sa fin proche. Admirable stoïcisme de l'homme face à son destin ! Splendide et noble résignation du sage devant l'inéluctable ! Le duc Caedes avoit vécu en grand seigneur, il lui sembloit indispensable de mourir pareillement. Et il estoit de mon devoir d'obéir en tout point à ses requestes, ou du moins, d'alléger ses derniers jours de mon mieux, car il sembloit acquis que Lévan III prononceroit la mort contre le duc.

Une émouvante accolade me fit prendre congé de Caedes. Je luy rappelois les quelques mots du sage Sénèque, que nous admirions tous deux : «La vie est pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée». Et la porte vint se clore sur le noble duc de Champagne. En ressortant du lieu, esmu jusqu'aux tréfonds de l'asme par la scène que venois de vivre, j'eus la consolation de voir que les deux frères d'Appérault, les barons Amro de Vannes et SanAntonio de Donnemarie-Dontilly, estoient eux aussy venus visiter leur duc et mentor en ce qui sembloit sa penultième demeure.

Je descendis quelques marches dans la pénombre humide de la forteresse. J'avois promis au duc de luy obtenir changement de cellule, et en homme d'honneur je comptois tenir parole. Je fus lors toquer à l'appartement du gouverneur, un ventripotent belistre qui avoit acheté sa charge avec les profits de la charcuterie paternelle. On me reçut fort mal vu l'horaire, mais j'avois arguments et ruses en suffisance. J'allois évoquer les blasmes qu'un geôlier encouroit s'il maltraitoit ses hostes, lorsque des cris retentirent dans les étages.

Le sang des Malpertuis ne fit qu'en tour en mes veines, et j'hasardoi un éhonté : «On cherche à tuer le duc ! A moi la garde ! Ralliez-vous à mon panache roux !». Contre toute attente, ladicte garde se rallia et nous courusmes ventre à terre jusques à la cellule de Caedes. Le bon duc avoit cessé de vivre.

Comme souvent chez vostre serviteur, la palpable émotion fut immédiatement contrebalancée par la nécessité d'agir vite et bien. Car le duc Caedes mort dans sa cellule après avoir reçu visitements de ses amys, cela n'estoit point chose favorable. Je fis disparaistre une dague restée au sol, je constatoi moi-mesme le trépas et menaçoi complaisamment le sot gouverneur des pires conséquences pour sa carrière si la chose venoit à s'ébruiter. Une lame avoit transpercé la poitrine du duc dont le cadavre, blême et apaisé, reposoit sur sa paillasse rougie. Peut-estre avoit-on aidé le duc à mourir, peut-estre s'estoit-il donné la mort de luy-mesme. Si la chose venoit à se sçavoir, l'on inquiéteroit les ultimes visiteurs de Caedes, ou l'on refuseroit sépulture aristotélicienne au bon duc. Et que Rafaello de la Francesca fust traité à la mesme enseigne que la risible Mllelafée, je ne pouvois le tolérer.

L'on espongea le sang, l'on étouffa l'affaire à l'aide d'un médicastre complaisant et d'un prestre bigle. Sitost mes instructions données au gouverneur de la Bastille, lequel pauvre homme doit encore me considérer comme son bienfaiteur, je dévalois intrigué les quelques marches qui me séparoient d'un estrange remue-ménage entendu juste après la découverte du corps du duc. Ma course s'arresta face à la lame nue du baron Amro, le visage baigné de larmes. Derrière luy, je recognus le cadavre de la divine comtesse Tite_Kanaye de Moissey et je ne recognus pas le cadavre de Raymond de la Barre, soldat émérite de Lévan de Normandie que l'on avoit affecté à la surveillance de la Bastille.

Estrange nuict que celle-cy, où tout le Royaulme sembloit s'estre donné rendez-vous dans les murs de la plus imprenable des citadelles royales. Te faut-il, amy lecteur, davantage de preuves de l'incurie du Lévan d'alors ?

Amro de Vannes me menaçoit, semblant bouleversé par la mort de la comtesse, puis par la nouvelle de celle de Caedes. Je parvins à calmer son ire, non sans moult diplomatie. Car si fâcheuse estoit ma posture, tant qu'un Malpertuis pouvoit parler, il pouvoit toujours s'en tirer. Après avoir séché ses larmes, le baron de Vannes m'apprit qu'il avoit vu le vicomte Jarkov de Chateaubriant s'enfuir des lieux, portant avecques luy la baronne Matthilde de Beaugency. Jarkov... Les choses estoient fort claires désormais, et mon esprit les discerna nettement. D'aultant que la dague maculée du sang de Caedes estoit ornée d'une hermine. Plutost la mort que la souillure, pensoi-je.

Un jour sans soleil se leva sur Paris. Je n'avois point fermé l'oeil du reste de la nuit, et attendoit le chant du coq dans quelque hostellerie dont j'ay oublié le nom. J'avois obtenu du gouverneur de la forteresse de le décharger du fardeau qu'estoit le corps du duc défunt. Alors que sixte sonnoient à Nostre-Dame, la nouvelle de son trépas fut mandée par courriers aux quatre coins du royaulme. Dès septime, je vins avec embaumeur et apothicaire pour veiller aux volontés ultimes du duc. Lorsque je revis la sérénité impassible de son visage d'albastre, l'émotion me submergea, bien plus qu'elle ne l'avoit fait dans la nuict. Caedes estoit mort tel qu'il avoit vécu, et cela méritoit à jamais nostre respect.

Je menois son coeur à Clermont, et le déposoit dans une châsse en l'église de la ville. Son corps embaumé seroit luy mis en terre en Rheims, selon les consignes du vicomte Alsbo de Châlons, intendant de Champagne et ancien connestable du duc Rafaello. Ma mission accomplie, j'allois bientost solliciter audience auprès de la baronne Matthilde de Beaugency, dont j'espérois, outre des éclaircissements sur les événements de la Bastille, une consolation salutaire par une compassion mutuelle.

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